31.12.2007
sombre vide clair tout

Exposition "Fetish" de David Lynch... (photos réalisées en deux jours sur Paris par David LYNCH)
Sombre ligne droite... j'ai commencé ce périple, je ne vois personne, je marche sans avancer, je me jeu à ce je, et je m'hais jeu, je vide mes espoirs de désespoirs, j'entoure mes pas vers une ligne droite que j'aimerai tracer, je me ballade...
Dans cette ligne droite au bout de la rue j'arrive presque, je fixe le bout de ma longue rue des Archives, après ça fera encore un bout et après il y aura encore une longue ligne droite sur une autre longue rue... Mon esprit est vide, se vide, se dévide, s'avide sombrement de mes tourments.
Un bruit de talons vient à ma hauteur et en une minute une femme me rit au visage et cache ses yeux que je ne verrais pas, aux derniers pas de ma ligne droite j'entends une moquerie ?
Je connais cette femme ? Pourquoi elle rit ou se moque ? Pourquoi n'arrive-t-elle pas à croiser "personne" un je "personne", un je "vide", mon je minable, mon non-je ?
J'arrive au bout de la rue, un jeune homme étudiant en marketing de Luxe (?) me demande la rue des Lombards, je vidée est une personne aimable qui le renseigne aimablement, moi : "et après vous prenez... ect ect et voilà..."
Non convaincu, je vidée est une personne qui l'accompagne, et retourne vers la femme disparue qui lui a rit au visage et a caché ses yeux...
Je se dit, quelle sorte de timidité ou de mal aise peut entraîner la moquerie ?
"Je" n'arrive plus à se vider, vider l'esprit de ses tourments, "je" a l'idée d'aller sur le banc de la petite place ... "je" veut se vider de tout, du plein, du vide trop plein des gens vides et pleins de riens, comme d'une femme qui se rigole toute seule d'instants avec son amie à ses côtés de me croiser de si peu sans exister à ses yeux ?
Je n'aime plus le vide, j'avais appris qu'une sombre ligne droite faisait du bien à l'esprit, que marcher des heures était si bon mais maintenant qu'une femme peut assombrir mon esprit, toutes ont ses non-yeux et de la moquerie ? je n'aime plus ces rues, je suis "personne" qu'on croise et dont aucun regard n'est soutenable, soutenu, qui vous fait cacher vos yeux ? Personne je suis, personne voilà le vide est fait, qu'au point que même un regard n'est possible à personne... dans mon vide on m'assassine encore en personne ?
Je change toutes les rues et reste aimable parcequ'au point de JE et de non-retour, mourir sans un regard c'est comme vivre aux côtés des morts, c'est une folie... oubliez-moi des yeux, mon coeur lui s'en souvient comme il peut, avec beaucoup de peine...
Je n'est pas un JEU, jouez de soi mais pas avec moi, moi j'en ai trop plein prit dans la gueule de "personne", je me vide l'horizon, c'est tout.
°°°
Claire ligne droite... j'ai commencé ce périple, je ne vois personne de toi, je marche sans avancer, je me jeu à ce je, et je m'aimes jeu, j'emplis mes désespoirs d'espoirs, j'entoure mes pas vers une ligne droite que j'aimerai tracer, je me ballade...
Dans cette ligne droite au bout de la rue j'arrive presque, je fixe le Tout de ma longue rue des Archives, après ça fera encore un bout et après il y aura encore une longue ligne droite sur une autre longue rue... Mon esprit est tout, s'emplit, se remplit, de Tout clairement, de mes apaisements.
Un bruit de talons vient à ma hauteur et en une minute une femme me rit au visage et cache ses yeux que je ne verrais pas, aux derniers pas de ma ligne droite j'entends un ravissement ?
Je connais cette femme ? Pourquoi elle rit ou se ravit ? Pourquoi n'arrive-t-elle pas à croiser "personne" un je "personne", un je "tout", mon je fort, mon oui-je ?
J'arrive au bout de la rue, un jeune homme étudiant en marketing de Luxe (?), en misère, me demande la rue des Lombards, je en Tout est une personne aimable qui le renseigne aimablement, moi : "et après vous prenez... ect ect et voilà..."
Non convaincu, je en tout est une personne qui l'accompagne, et retourne vers la femme disparue qui lui a rit au visage et a caché ses yeux...
Je se dit, quelle sorte de timidité ou de sentiments peut entraîner le ravissement ?
"Je" n'arrive plus à se Tout de Tout, remplir l'esprit de ses apaisements, "je" a l'idée d'aller sur le banc de la petite place ... "je" veut se remplir de rien, du vide, du plein trop vide des gens pleins et vides de tout(s), comme d'une femme qui se pleurera toute seule d'instants avec son amie à ses côtés de me croiser de si beaucoup sans n'exister à ses yeux ?
J' aime plus le Tout, j'avais appris qu'une claire ligne droite faisait du mal à l'esprit, que marcher des heures était si mal mais maintenant qu'une femme peut ravir mon esprit, toutes ont ses oui-yeux et du ravissement ? j'aime encore ces rues, je suis "personne" qu'on croise et dont tout regard est soutenable, soutenu, qui vous fait cacher vos yeux ? Personne je suis, personne voilà le tout est fait, qu'au point que même un regard est possible à personne... dans mon tout on me réssuscite encore en personne ?
Je re-change toutes les rues et reste aimable parcequ'au point de JE et de oui-retour, mourir dans un regard c'est comme vivre aux côtés des vivants, c'est une folie...n'oubliez-moi des yeux, mon coeur lui s'en oublie comme il peut, avec beaucoup de joie...
Je est un JEU, jouez de moi avec moi, de toi j'en ai trop peu prit dans la gueule de "personne", je m'emplit l'horizon, c'est rien.
°°° Texte sandra dalle, à la femme disparue rue des Archives Un bruit de talons
°°°
C'est du 3 octobre au 3 novembre 2007 à la Galerie du Passage, 20 - 26 galerie Véro Dodat à Paris (métro : Palais Royal) ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h.
http://www.galeriedupassage.com/
Et un texte de Louboutin, résumant les origines et les objectifs de cette série de photos.
Citation:
« David Lynch m'avait demandé de dessiner des souliers pour son exposition à la Fondation Cartier. Il peignit certains d'entre eux pour les montrer dans une cage. A mon tour, j'ai voulu lui demander d'en photographier d'autres, que j'aurai conçus dans ce but. David Lynch est l'un des plus grands réalisateurs vivants. Comme ses films sont extrêmement codés, j'ai voulu des souliers fétichistes, dont le fantasme obéit lui aussi à des codes.
Beaucoup ne voient le soulier qu'en accessoire de la marche. Pourtant, il est des souliers pour courir, d'autres pour nager… Et aussi des souliers destinés au sexe. S'il est un élément de fétichisme dans la garde-robe, c'est le soulier féminin, même sans talons. Il a l'allure d'un totem.
C'est un objet de culte qui appelle le rituel. J'avais prévu des souliers-sculptures, moins faits pour être portés que pour exalter ce qu'il y a de plus beau: la cambrure et le cou de pied.
David Lynch m'a aussitôt donné son accord. Il voyait un sofa, de grandes roses, une lampe et une fille. Il voyait ce que je ne voyais pas. Il avait déjà l'image en tête.
Les photos ont été prises en deux jours à Paris. A ma surprise, David a travaillé comme un chorégraphe. Toujours en mouvement rapide, il prenait une vue générale, puis un plan plus rapproché qu'il resserrait jusqu'à des détails. Il avait l'enthousiasme d'un étudiant des Beaux-Arts, et la puissance religieuse d'un Pollock ou d'un Picasso. Ses images sont douées d'une dimension picturale: elles m'évoquent Bellmer et Bacon, mais aussi Boldini, dans le rendu des chairs. Les bougés et les surimpressions sont courants dans ses films, mais il y a là des cambrures qui semblent exploser en flammes. A aucun moment, pourtant, les souliers n'ont quitté le centre de son attention.
David avait une exigence : « No bones ». Les modèles s'appellent Nouka et Baby, et dansent au Crazy Horse. En fétichiste d'opérette, je les ai choisies pour leur grâce et leur beauté, mais aussi pour leur cambrure. Elles ont porté avec naturel ces souliers importables. Leurs peaux très blanches, leurs yeux très foncés et leurs bouches brillantes s'intégraient à l'esthétique de Lynch, qui, tous comptes faits, a parfois des accents fétichistes: le corps lacéré d'Isabella Rosselini dans Blue Velvet, ou cette atmosphère d'angoisse où le sang n'est jamais versé. Ou encore ces rideaux à plis droits qui semblent au garde-à-vous, et que j'ai retrouvés pour la prise de vues. Le sofa s'est changé en chaise de bordel viennois, signée Adolf Loos, écrasant un tapis aux couleurs de plante carnivore. David Lynch en a fait, comme à son habitude, un décor peuplé d'ombres ».
Christian Louboutin
Juillet 2007



12:13 Publié dans CINÉMA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dialogues
sans rendez-vous
- Je vous vois passer ici le mardi, et un mercredi sur deux, et le vendredi aussi. J'ai décidé de vous attendre. Ca me fait des matins plus jolis.
- Mais vous savez , je change d'emploi du temps souvent, bientôt j'ai un tournage, je me leverai tôt...
- C'est sans importance. Ce qui me plait, c'est d'attendre.
ma mère
- C'est ma gentilesse ou ma connerie qui me perdront ?
- Non c'est ton intelligence du coeur et ton humour.
- De toutes façon tu sais maman, je ne suis pas égarée, non plus !
- Ah oui c'est vrai, en fait alors t'es un peu con ?
mon frère
- papa me fait chier
- ah toi aussi, je pense que la vieillesse n'arrangera rien... d'ailleurs elle n'arrange rien ! Acceptes sans condition fréro !
- le stade de la vieillesse est dépassé, maman dit qu'il est prêt à inventer l'immortalité
- Oh elle dit ça pour qu'on se fasse à l'idée que leur amour n'a pas de limites, moi je m'en fous ça finira jamais !
- mais quand est-ce qu'ils ont décidé de nous aimer exactement ? peuvent pas se passer de nous alors ???
- si, mais ils le savent pas tant qu'on est là ! tu piges vraiment rien à l'amour ou quoi !?
- Punaise comment on s'est fait avoir, c'est déguelasse !!
12:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Terrible gaz, à l'extincteur ca cogne
Il est 5 heures du matin, lundi, les pas lourds me font penser que c'est un homme qui monte six étage comme un géant...
Et des coups terribles contre la colonne du gaz, il a l'extincteur en main et cogne et cogne...
Par l'oielleton je comprends très vite que c'est un SDF et qu'il est à bout de son ascension, vertigineuse ascension sociale...
Les voisins qui ne sortiront pas sur le palier et qui comme moi entendent les coups et ils crient : qu'est-ce qui se passe ?
L'homme saoul un peu beaucoup... : il se passe qu'il fait froid, qu'est-ce qui se passe les gens de la société ?? il se passe que la rue il fait froid voilà vous étes con ou quoi ?
Je peux ni sortir tellement la violence que l'homme a contre la colonne du gaz me scie, je pense au SAMU social comme solution si il n'arrive pas au bout avant... : faire exploser l'immeuble ?
Je pense apeller... il pose l'extincteur son désespoir est invisible par l'oielleton je ne vois pas son visage, j'ai une larme, mon coeur devient cette éponge insupportable. Cet homme est dans le suicide notre suicice social, il redescend les escalier et bizarement en redescendant il fait comme s'il marchait sur des oeufs ... ? sur la pointe des pieds il repart, je me dis que toute sa violence sa colère sont sorti sur le mur qu'il a sacrément amoché...
J'EN AI MARRE !!! J'EN AI MARRE DU GAZ !!! (cri intérieur d'un stalag XIII de mon grand-père)
je dois pas être si courageuse pour pas me soucier d'exploser de misère avec cet homme sans visage au sdf-suicide social... je suis dangereuse je crois... jusqu'au bout de ma larme...
12:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
m'apprendra
aaaaah ça m'apprendra... à laisser de l'espace entre mes feuillets de scénar, le comptoir et Elle..
- C'est beau Manon
je lève la tête, j'avais fini mes corrections, et elle pliait ses serviettes en papier pour faire des triangles équilatéraux...
Ooh que j'étais énervée qu'elle ait lu ou cru lire.
Mais je n'allais pas lui tendre mon regard noir puisque sa voix était douce équilibrée charmante...
- pardon ?
- je disais que c'est beau Manon comme prénom pour un personnage
là j'étais intérieurement en larmes dans un précédent drame mais elle me souriait tellement et m'avait donné une si belle occasion de me taire une fois de plus que je me tue sur place d'un oui.
-oui
Du coup cela faisait prétentieux, du genre, "oui j'ai bon goût et je suis charmante aussi, discrète mais toi tu n'as pas l'air de vouloir en découdre avec ton aplombs et tu deviens envahissante..." Elle n'avait plus de serviette à papier à plier et entreprenait de fumer sous mon nez, bout de nez penché à corriger mes fotes d'ortograves.
- je l'ai lu à l'envers
Maintenant elle s'excusait, elle comprenait mon désarrois féminin, elle comprenait une histoire par simples lignes lues à l'envers sans mon autorisation. Sa délicatesse était constante mais sa curiosité la piquait trop à vif alors elle entreprit un dialogue inoui.
- tu écris depuis longtemps ?
- aucune idée de ça chez moi...
Elle souriait avec une grâce comme si la lune voulait briller plus fort dans la nuit même sous les nuages gris.
Je me reprenais car l'on s'était tellement étonnée de la voir serveuse dans ce café avec Arnaud que à mon tour je pouvais bien lui poser mes taraudages habituels et directs.
- tu as raison, Manon c'est beau mais écrire c'est pas si beau.
- Ah excuses-moi alors.
Sa fumée envahissait sa bouche et elle cherchait à l'horizon une manière plus profonde d'aller investiguer mon mal. Mais j'étais aplombée d'or et de silences bien plus moches qu'il était facile de faire UNE question.
- c'est pas grave. Tu as quelqu'un dans ta vie ?
- c'est pas une question ça ! (elle souriait avec joie)
- et c'est quoi une question ?
- tu ne peux pas me demander ça, ce serait comme si je suis heureuse, c'est un peu ça ta question ça revient à me demander si je suis heureuse hein ?
- si tu veux... tu es heureuse ?
- tu le crois ?
- oui forcèment un peu, j'y mets du mien sinon j'aurais du mal à poser ce genre de question !
- merci, c'est gentil. Car effectivement c'est ça.
- ça se voit...
Elle était tellement posée dans sa criante posture d'heureuse que j'en étouffais de mal aise, un supplice chinois n'aurait pas été pire... elle sentait depuis le début mes colères dans mon calme à écrire, elle sentait ma tristesse dans mes sourires, elle sentait jusqu'à ma joie pour les autres sans en éprouver pour moi-même.
- je te souhaites de le redevenir.
- c'est pas gentil ça, c'est une réponse d'avenir et tu n'as pas ce don si ?
- maintenant j'ai les tables à faire... heu... (elle s'excusait toute désolée une fois plus...)
Elle regardait la salle qu'elle devait dresser pour le service, elle éteignait sa cigarette et m'enlevait le reste de sa fumée autour de moi comme pour me montrer qu'elle se souciait vraiment de moi.
C'est dans un moment pareil que ma gorge réclama un verre d'eau.
- je veux bien un verre d'eau s'il te plait... avant que tu partes je ne sais où.
Elle riait que j'arrive à dédramatiser cette tension sans aveux , ce mini-cauchemard pudique d'être face à son opposée de situation, Elle l'heureuse et Moi la Malheureuse ?
Elle se dirigeait à sa tâche et je m'appliquais à regarder au loin pour voir au loin : rien, l'avenir du présent, n'avait rien de bien signifiant à offrir.
Chaque fois, Elle m'avait parlé vraiment trop bien que j'imaginais qu'elle était si fine d'intelligence qu'elle devait forcèment attendre une autre vie qui ne venait pas... alors plutôt que de m'accrocher à nos questions ce jour-là, je lui souhaitais de sortir de son illusion et de ne pas croire qu'être heureuse c'est le vouloir pour tout le monde, sinon cela ressemble à l'amour et là c'est terrible. Là c'est terrible car on peut avoir en tête
des paroles qui seraient des promesses ineffaçables et je ne veux plus de ça, ces promesses-là sont indélébiles, elles vous poursuivent vous hantent la vie durant, dans l'heureux comme dans le malheureux...
Je et Elle se questionnent, et, Je et Elle s'inventent-elles un bout fou d'espoir de s'en sortir, terrifiées à l'idée d'être juste opposées sachant pertinement que tout va basculer et bascule déjà à tous nos choix...
12:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.12.2007
dvd toile
22:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DIFF Festival
22:14 Publié dans CINÉMA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
clermont ferrand
22:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

